• (Avertissement : cette enquête ne conserne pas les enfants pour les quels l'imaginaire est très important !) 

         Qui donc est ce personnage qui fait rêver tant de petits enfants sages et semble faire de l’ombre au sens chrétien de la fête de la nativité ? Personnage lié à la fête de Noël, il fit son apparition au 19ème siècle sous le nom de Father Christmas ou Santa Claus en anglais, par transit des Pays-Bas d’où les colons l’importèrent en arrivant. Le terme « Père Noël » apparaît plus tardivement en France, au début du 20ème siècle, à la faveur, en particulier, des anglo-saxons durant les deux grandes guerres. Mais aussi dans un contexte de laïcisation active qui tentait d’affranchir la société du rythme et de l’influence de l’Eglise.Catholique. Le père Noël semble donc ne synthèse de diverses influences à travers les siècles. Sa fonction principale est de distribuer des cadeaux aux enfants dans les maisons pendant la nuit de Noël qui a lieu chaque année dans la nuit du 24 au 25 décembre.
    Le Père Noël est une expression esthétique du syncrétisme que peut produire le pouvoir économique afin de générer son activité propre. Pourtant, bien qu’il soit un archétype de notre société de consommation, le Père Noël reste chargé d’une histoire spirituelle et d’un imaginaire. Peut-être est-ce là le secret de sa notoriété ?  


    Au commencement, les rites d’hivers. 

         En Europe, les rituels liés à l'approche de l'hiver sont ancestraux :
    Chez les Celtes, la pratique d’offrandes aux diverses forces du cosmos et du monde invisible était gratifiée en retour de dons de ceux-ci. Ainsi les Koriganed (korigan au pluriel) en apportant des offrandes de remerciements au nom du dieu Gargan (qui inspira le Gargantua de Rabelais).
    On dit que le dieu viking Odin, descendait sur terre pour offrir des cadeaux aux enfants.
    Chez les scandinaves, Julenisse, un lutin, apporte des cadeaux pour la Midtvintersblot, la fête du milieu de l'hiver. Notons que Julenisse portait la barbe blanche, le bonnet et les vêtements en fourrure rouge.
    Dans de nombreuses régions d’Europe, pour exorciser la peur de l'obscurité, une tradition ancestrale et païenne, voulait que, les jeunes hommes se grimaient et allaient de maisons en maisons pour quémander des offrandes. Ailleurs, en pays celtique en particulier, ces monstres venaient au début de l’hivers en la fête de Samain devenue, plus tard Hallowen (déformation de All a win – Tous vainqueurs [= Tous ressuscités] la Tous-Saints).

         La société médiévale, christianisera ces traditions populaires en particulier en proposant des figures de saints dont les qualités remplaçaient et même surpassaient les figures païennes.


    La figure de Saint Nicolas

         C’est le sort que subit Nicolas de Myre, évêque, qui vivait au IVe siècle au sud de la Turquie actuelle près d'Antalya. Né à Patara en Asie Mineure entre 250 et 270 après J-C. Il fut contemporain de la dernière vague de persécutions et, selon la tradition, du Ier concile de Nicée en 325, moment important du christianisme. Il mourut le 6 décembre, en 345 ou en 352 dans la ville portuaire de Myre en Asie Mineure. Devenu « Saint Nicolas », ses ossements furent conservés dans une église de Myre jusqu'au XIe siècle. Ils ont la particularité de suinter une huile sacrée. Cette manne est connue dans l'Europe du Moyen Âge.
    C'est l'un des saints les plus populaires en Grèce et dans l'Eglise Latine. Sa vie et ses actes sont entourés de légendes. Selon la légende, il aurait ressuscité trois enfants trucidés par un horrible boucher. Il est alors présenté comme le saint protecteur des tous petits. C'est pourquoi, en sa mémoire, depuis le XIIe siècle, principalement dans les pays d'Europe du Nord et de l'Est, on raconte que, chaque année, Saint Nicolas habillé comme on l’imaginait (grande barbe, crosse d'évêque, mitre, grand vêtement à capuche) va de maison en maison dans la nuit du 5 au 6 décembre pour demander aux enfants s'ils ont été obéissants. Les enfants sages reçoivent des cadeaux, des friandises et les méchants (depuis le XVIe siècle) reçoivent une trique donnée par un compagnon : le Père Fouettard, il s’agirait en fait du boucher de la légende des trois enfants. En France, à partir du XIIe siècle également, St Nicolas est accompagné du « vieux » qui présidait le cortège. Ce dernier sera appelé « Noël ».


    Le Protestantisme et la laïcité

         Dans les régions et pays européens où le protestants furent majoritaires (les protestants luthériens en Allemagne et aux Pays-bas en particulier, mais aussi les protestants français : les huguenots et la plus part des calvinistes), rejetant le rôle patronal des saints, la fête de Saint Nicolas fut abolie.
    C'est au Pays-Bas que saint Nicolas se transforme après la Réforme en un personnage semi-laïc, Sinter Klaas par l´influence des huguenots. Au début du XVIIe siècle, des Hollandais émigrèrent aux États-Unis et fondèrent une colonie appelée "Nieuw Amsterdam" (en néerlandais) qui, en 1664, devint New York. En quelques décennies, cette coutume néerlandaise de fêter la Saint-Nicolas se répandit aux États-Unis. Pour les Américains, Sinter Klaas (Saint Nicolas) devint rapidement Santa Claus.
    La société chrétienne trouva plus approprié que cette "fête des enfants" soit davantage rapprochée de celle de l'enfant Jésus. Ainsi, dans les familles chrétiennes, saint Nicolas, quand ce n’était pas le « Noël » lui-même, fit désormais sa tournée la nuit du 24 décembre. Étrangement, au Canada, les francophones catholiques utiliseront longtemps le personnage de l'enfant Jésus, alors que Santa Claus se chargera de distribuer des cadeaux aux petits anglophones.
    De même, bien avant la popularisation du « père Noël », les catholiques français attribuaient au Petit Jésus les cadeaux de la nuit de Noël et résistèrent longtemps au « père Noël », patronyme qui désignera le personnage popularisé en France par les Américains à la fin de la Seconde Guerre mondiale mais déjà connu dès la fin de la première guerre mondiale. 
     
         Le 23 décembre 1822, le pasteur américain Clement Clarke Moore publie un poème intitulé A Visit from St Nicholas, dans lequel il présente saint Nicolas comme un lutin sympathique, dodu et souriant, qui distribue des cadeaux dans les maisons et se déplace sur un traîneau volant tiré par huit rennes nommés Fougueux (Dasher), Danseur (Dancer), Fringant (Prancer), Rusé (Vixen), Comète (Comet), Cupidon (Cupid), Tonnerre (Donder) et Éclair (Blitzen). Ce poème a joué un rôle très important dans l'élaboration du mythe actuel. Publié pour la première fois dans le journal Sentinel de New York le 23 décembre 1823, il fut repris les années suivantes par plusieurs quotidiens américains, puis traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.
    C'est vers 1850 que le passage de la célébration de la Saint-Nicolas à celle de Noël se fixe au Royaume-Uni, en lien avec Charles Dickens et ses « Livres de Noël ». 


    L’image publicitaire

         En 1860, le journal new-yorkais Harper's Illustrated Weekly représente Santa Claus vêtu d'un costume orné de fourrure blanche et d'une large ceinture de cuir. Pendant près de 30 ans, Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste du journal, illustra par des centaines de dessins tous les aspects de la légende de Santa Claus et donna au mythe ses principales caractéristiques visuelles : un petit bonhomme rond, vêtu de fourrure, la pipe au coin de la bouche comme un Hollandais. C'est également Nast qui, dans un dessin de 1885, établit la résidence du Père Noël au pôle Nord. Cette idée fut reprise l'année suivante par l'écrivain George P. Webster.

         L'idée selon laquelle le Père Noël aurait été dessiné par la compagnie Coca-Cola en 1931 est une légende urbaine. Une étude de la représentation du Père Noël dans les années précédentes montre en effet que l'aspect qu'on lui connait aujourd'hui était déjà répandu, y compris sa couleur rouge, utilisée dès 1866. Avant Coca-Cola, de nombreuses firmes avaient déjà utilisé son image dans des publicités, comme Michelin par exemple. Par contre il semble que Coca-Cola ait largement contribué à la popularisation de l'image actuelle, grâce au talent artistique de Haddon Sundblom. Coca Cola souhaitait ainsi inciter les consommateurs à boire du Coca Cola en plein hiver. Ainsi, pendant près de 35 ans, Coca-Cola diffusa ce portrait du père Noël dans la presse écrite et, ensuite, à la télévision partout dans le monde.


    Conclusion 

         Le père Noël a désormais une stature humaine, très accessible, un ventre rebondissant, une figurine sympathique, un air jovial et une attitude débonnaire. La longue robe rouge a été remplacée par un pantalon et une tunique. Ceci est plus marqué aux Etats Unis, car en France, le père Noël a conservé sa longue robe rouge. Il entre dans les maisons par la cheminée (s'il y en a une) et dépose les cadeaux dans des chaussures disposées autour du sapin de Noël ou devant la cheminée (en France), dans des chaussettes prévues à cet effet accrochées à la cheminée (en Amérique du Nord et au Royaume-Uni), ou tout simplement sous le sapin. En Islande, il dépose un petit cadeau dans une chaussure que les enfants laissent sur le bord d'une fenêtre dès le début du mois de décembre. Au Québec, les cadeaux au pied du sapin sont de mise, en plus des « bas de noël » disposés sur la cheminée dans lesquels on met les petites surprises.

         Le père Noël ne fait plus vraiment polémiquer. Tous se l’approprie, jusqu’au parti communiste qui en fait un outil de propagande pour la solidarité grâce au Père Noël vert du secours populaire. Même si le mythe peut varier fortement d'une région à l'autre, notamment à cause du climat du 25 décembre qui peut aller du plein hiver dans l'hémisphère nord au plein été dans l'hémisphère sud, on l'imagine généralement comme un gros bonhomme avec une longue barbe blanche, habillé de vêtements chauds de couleur rouge avec un liseré de fourrure blanche ; des lutins l'aident à préparer les cadeaux. Il effectue la distribution à bord d'un traîneau volant tiré par des rennes (ou sur une planche de surf en Australie).


    Anecdotes 

    La hotte du père Noël peut être un panier ou alors être une sorte de grand sac marron, dans lequel les cadeaux de tous les enfants doivent être entreposés.

    Où habite le père Noël ? Le lieu d'habitation du Père Noël est très controversé. Selon les Norvégiens il habite à Droeback, à 50 km au sud d'Oslo. Pour les Suédois, c'est à Gesunda, au nord-ouest de Stockholm, et pour les Danois au Groenland. Les Américains sont persuadés qu'il habite au pôle Nord, mais en 1927 les Finlandais ont décrété que le Père Noël ne pouvait pas y vivre, car il lui fallait nourrir ses rennes : sa résidence fut donc fixée en Laponie, au Korvatunturi puis, cette région étant un peu isolée, ils l'ont fait déménager près de la ville de Rovaniemi. La Sibérie revendique également cet honneur, mais il y a sans doute confusion avec Ded Moroz, le cousin serbo-russe du père Noël qui est fêté le 7 janvier avec sa fille Sniégurotchka. Le Canada, pour sa part, prétend humblement qu'il serait simplement dans le grand-nord canadien, plus particulièrement dans les Territoires du Nord-Ouest. Au Québec, il viendrait tout simplement du Québec, comme le mentionne la chanson populaire du temps des fêtes : « Le Père Noël c't'un Québécois ». En 1953, Réal Rousseau et Jacques T. Melchers construisirent à résidence d'été du Père Noël à Val-David dans les Laurentides, au Québec. Le Père Noël y déménagea l'année-même et y arriva en hélicoptère. Il y revient à chaque été et a reçu près de 3 millions de visiteurs7. Dans le Pacifique, l'île Christmas se revendique également comme une résidence secondaire du père Noël. La Turquie, qui a gardé des reliques de saint Nicolas dans la très touristique région d'Antalya, est aussi de la partie.
    Dans nombre de pays, une lettre envoyée au Père Noël (quelle que soit l'adresse inscrite : Pôle Nord, Laponie ou autre) sera traitée par le service des postes qui répond aux jeunes expéditeurs.

    Combien le Père Noël a-t-il de cerfs ? Jusqu'au tournant du XXe siècle, le Père Noël n'a que huit rennes (Tornade, Danseur, Furie, Fringuant, Comète, Cupidon, Éclair et Tonnerre). Le neuvième, nommé Rudolphe, fut créé en 1939 par le poète Robert L. May dans un conte où le Père Noël doit affronter des conditions météorologiques si mauvaises qu'il risque d'être en retard dans sa livraison de cadeaux. Dans cette histoire, il réussit à les distribuer grâce au nez lumineux de Rudolphe qui l'orientait dans la tempête. Ce comte inspira un chant de Noël dont le refrain est : « Il s’appelait Nez-Rouge, Ah comme il était mignon. Ce p’tit renne au nez-rouge. Rouge comme un lumignon…. »
    En 2001 est sorti un film d'animation anglais avec des personnages en pâte à modeler dont le héros est Robbie le renne qui rêve de devenir un membre de l'attelage du Père Noël, comme son père.


    Père Christophe BOUDEREAUX 10/12/2009  


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  • Nom: ROMANÇON
    Prénom: Pierre
    Pays: France
    Naissance: 14.06.1805 à Thuret (dioc. Clermont - Auvergne)
    Mort: 13.08.1862 à Saugues (haute Loire)
    Etat: Frère des Ecoles Chrétiennes
    Nom de religion: Bénilde 
    Note: Instituteur. A Saugues de 1841 à 1862.
    Béatification: 04.04.1948 à Rome par Pie XII
    Canonisation: 29.10.1967 à Rome par Jean XXIII
    Fête: 13 août (Réf. dans l’Osservatore Romano: Réf. dans la Documentation Catholique: 1948 col.641-652 ; 1967 col.1961-1966)  

    Notice : 
         Pierre Romançon naît à Thuret, petit village du diocèse de Clermont-Ferrand, en 1805. Entré chez les Frères des Écoles chrétiennes, il prend le nom de Bénilde et prononce ses vœux en 1836. Toute sa vie sera consacrée exclusivement à l'enseignement, tâche astreignante dans laquelle il révèle sa haute sainteté marquée par l'union continuelle à Dieu (on l'appelait "l'homme du chapelet") et par la fidélité rigoureuse à la Règle de son Institut: "Pour être un saint, disait-il, il n'y a pas chez nous grand-chose à faire; il n'y a qu'à observer la Règle". C'est ce qu'il transmet aux frères dont il a la charge lorsqu'il est nommé directeur de la nouvelle école de Saugues, près de Riom. Malgré une réputation de sévérité, "ceux qui avaient fait l'expérience de son gouvernement exaltaient son immense charité". Dans ses rapports avec les gens du monde, il montre une indomptable fermeté, mais sa vertu et sa bonté viennent à bout des difficultés qui ne lui manquent pas. Devenu vieux, il aime encore à enseigner le catéchisme. Il meurt le 13 août 1862. Longtemps après saint Jean-Baptiste de la Salle (1651-1719), leur fondateur, il sera le premier Frère élevé sur les autels. Son corps repose à l'église Saint Médard de Saugues.


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  • La bûche de Noël en Bretagne

    (Cette description de la bûche de Noël en Bretagne a été reproduite par un grand nombre de journaux, et revues : les Annales politiques, la Revue française, etc.)

    En Bretagne, la plus grande fête de l'année était la fête de Noël, et ce que nous, pauvres paysans, nous aimions le plus dans cette fête, c'était la Messe de minuit. Maigre plaisir, pour vous autres citadins qui aimez vos aises ; mais qu'était-ce pour nous, paysans, qu'une nuit blanche?
    Même quand il fallait cheminer dans la boue et sous la neige, pas un vieillard, pas une femme n'hésitait. On ne connaissait pas encore les parapluies à Saint-Jean-Brévelay, ou du moins on n'y connaissait que le nôtre, qui était un sujet d'étonnement et d'admiration. Les femmes retroussaient leurs jupes avec des épingles, mettaient un mouchoir à carreaux par- dessus leurs coiffes, et partaient bravement dans leurs sabots pour se rendre à la paroisse. Il s'agissait bien de dormir !

    Personne ne l'aurait pu. Le carillon commençait dès la veille après l'Angélus du soir, et recommençait de demi-heure en demi-heure jusqu'à minuit ! Et pendant ce temps-là, pour surcroît de béatitude, les chasseurs ne cessaient pas de tirer des coups de fusil en signe d'allégresse ; mon père fournissait la poudre. C'était une détonation universelle. Les petits garçons s'en mêlaient, au risque de s'estropier, quand ils pouvaient mettre la main sur un fusil ou un pistolet.
    Le presbytère était à une petite demi-lieue du bourg ; le recteur faisait la course sur son bidet, que le quinquiss (le bedeau) tenait par la bride. Une douzaine de paysans l'escortaient, en lui tirant des coups de fusil aux oreilles. Cela ne lui faisait pas peur, car c'était un vieux chouan, et il avait la mort de plus d'un bleu sur la conscience. Avec cela, bon et compatissant, et le plus pacifique des hommes, depuis qu'il portait la soutane, et que le roi était revenu.

    On faisait ce soir-là de grands préparatifs à la maison. Telin-Charles et Le Halloco mesuraient le foyer et la porte de la cuisine d'un air important, comme s'ils n'en avaient pas connu les dimensions depuis bien des années. Il s'agissait d'introduire la bûche de Noël, et de la choisir aussi grande que possible. On abattait un gros arbre pour cela ; on attelait quatre bœufs, on la traînait jusqu'à Kerjau (c'était le nom de notre maison), on se mettait à huit ou dix pour la soulever, pour la porter, pour la placer : on arrivait à grand-peine à la faire tenir au fond de l'âtre ; on l'enjolivait avec des guirlandes ; on l'assurait avec des trônes de jeunes arbres ; on plaçait dessus un gros bouquet de fleurs sauvages, ou pour mieux dire de plantes vivaces. On faisait disparaître la table du milieu ; la famille mangeait un morceau sur le pouce. Les murs étaient couverts de nappes et de draps blancs, comme pour la Fête-Dieu ; on y attachait des dessins de ma sœur Louise et de ma sœur Hermine, la bonne Vierge, l'Enfant Jésus.

    Il y avait aussi des inscriptions : Et homo factus est ! On ôtait toutes les chaises pour faire de la place, nos visiteuses n'ayant pas coutume de s'asseoir autrement que sur leurs talons. Il ne restait qu'une chaise pour ma mère, et une tante Gabrielle, qu'on traitait avec déférence et qui avait quatre-vingt-six ans. C'est celle-là, mes enfants, qui savait des histoires de la Terreur ! Tout le monde en savait autour de moi, et mon père, plus que personne, s'il avait voulu parler. C'était un bleu, et son silence obstiné était peut-être conseillé par la prudence, dans un pays où il n'y avait que des chouans.

    L'encombrement était tel dans la cuisine, tout le monde voulant se rendre utile et apporter du genêt, des branches de sapin, des branches de houx, et le bruit était si assourdissant, à cause des clous qu'on plantait et des casseroles qu'on bousculait, et il venait un tel brait du dehors, bruits de cloches, de coups de fusil, de chansons, de conversations et de sabots, qu'on se serait cru au moment le plus agité d'une foire.

    A onze heures et demie, on entendait crier dans la rue : Naoutrou Personn ! Naoutrou Personn ! (M. le recteur, M. le recteur). On répétait ce cri dans la cuisine, et à l'instant tous les hommes en sortaient ; il ne restait que les femmes avec la famille. Il se faisait un silence profond. Le recteur arrivait, descendait de son bidet que je tenais par la bride (c'est-à-dire que j'étais censé le tenir, mais on le tenait pour moi ; il n'avait pas besoin d'être tenu, le pauvre animal). A peine descendu, M. Moizan montait les trois marches du perron, se tournait vers la foule découverte, ôtait lui-même son chapeau, et disait, après avoir fait lé signe de la croix: Angélus Domini nuntiavit Mariae ". Un millier de voix lui répondaient.

    La prière finie, il entrait dans la maison, saluait mon père et ma mère avec amitié, M. Ozon, le maire, qui venait d'arriver de Pénic-Pichou, et M. Ohio, le maréchal ferrant, qui était greffier du juge de paix. M. Ozon, M. Ohio étaient les plus grands seigneurs du pays. Ils savaient lire ; ils étaient riches, surtout le premier. On offrait au recteur un verre de cidre qu'il refusait toujours.

    Il partait au bout de quelques minutes, escorté par M. Ozon et M. Ohio, puis, aussitôt, on se disposait à bénir la bûche de Noël. C'était l'affaire de dix minutes. Mon père et ma mère se tenaient debout à gauche de la cheminée. Les femmes que leur importance ou leurs relations avec la famille autorisaient à pénétrer dans le sanctuaire, ce qui veut dire ici la cuisine, étaient agenouillées devant le foyer en formant un demi-cercle.

    Les hommes se tenaient serrés dans le corridor, dont la porte restait ouverte, et débordaient dans la rue jusqu'au cimetière. De temps en temps, une femme, qui avait été retenue par quelques soins à donner aux enfants, fendait les rangs qui s'ouvraient devant elle, et venait s'agenouiller avec les autres. Tante Gabrielle, revêtue de sa mante, ce qui annonçait un grand tralala, était à genoux au milieu, juste en face de la bûche, ayant à côté d'elle un bénitier et une branche de buis, et elle entonnait un cantique que tout le monde répétait en chœur.

    Vraiment, si j'en avais retenu les paroles, je ne manquerais pas de les consigner ici ; je les ai oubliées, je le regrette ; non pas pour vous, qui êtes trop civilisés pour vous plaire à ces souvenirs, mais pour moi. Et, après tout, je n'ai que faire de la chanson de tante Gabrielle, puisque je ne sais plus un mot de bas-breton. L'air était monotone et plaintif, comme tout ce que nous chantons chez nous à la veillée ; il y avait pourtant un crescendo, au moment où la bénédiction allait commencer, qui me donnait ordinairement la chair de poule…
    Jules SIMON.


    La bûche de Noël en Provence

    Les Provençaux apportaient au foyer le joyeux cariguié, ou vieux tronc d'olivier choisi pour brûler toute la nuit; ils s'avançaient solennellement en chantant les paroles suivantes : Caclio fio. Cache le feu (ancien).
    Bouto fio. Allume le feu (nouveau).
    Dieou nous allègre. Dieu nous comble d'allégresse !

    Le plus ancien de la famille arrosait alors ce bois, soit de lait, soit de miel, en souvenir de l'Eden, dont l'avènement de Jésus est venu réparer la perte, soit de vin, en souvenir de la vigne cultivée par Noé, lors de la première rénovation du monde. Le plus jeune enfant de la maison prononçait, à genoux, ces paroles que son père lui avait apprises :
    " O feu, réchauffe pendant l'hiver les pieds frileux des petits orphelins et des vieillards infirmes, répands ta clarté et ta chaleur chez les pauvres et ne dévore jamais l'étable du laboureur ni le bateau du marin. "

    Cette scène si touchante de la bûche de Noël occupe toute une salle du musée d'Arles ; en voici la description : Neuf mannequins de grandeur naturelle sont groupés autour de la cheminée dans laquelle flambe la bûche de Noël. La première personne de gauche est l'aïeul, en costume du dix-huitième siècle. Il arrose, il bénit la bûche avec, du vin cuit et prononce les paroles sacramentelles. Cette formule renferme tout à la fois une prière et d'heureux souhaits pour toute la famille, debout devant la table chargée des plats réglementaires.

    Alègre ! Alègre ! Dieu nous alègre.
    Calendo ven, tout ben ven
    E se noun sian pas mai, que noun fuguen men !
    Dieu vous fague la graci de veire l'an que ven.

    Dieu nous tienne en joie ; Noël arrive, tout bien arrive ! Que Dieu nous fasse la grâce de voir l'année prochaine, et si nous ne sommes pas plus nombreux, que nous ne soyons pas moins ! "

    En face, assise, l'aïeule file sa quenouille. Derrière elle, le fermier, aîné des garçons, dit lou Pelot, s'appuie sur la cheminée, ayant sa femme vis-à-vis. A coté du Pelot, sa jeune sœur, souriante et rêveuse ; elle s'entretient avec lou rafi (valet de ferme). Près de la table, à gauche, l'aînée des filles prépare le repas, tandis qu'au fond le guardian, armé de son trident, et le berger avec son chien, se préparent à assister au festin familial. Une jeune enfant écoute religieusement la bénédiction du grand-père (benedicioun d'ou cacho-fio) (Le Museon Arlaten, par Jeanne de Flandreysy).

    Mistral, quand il fut nommé membre de l'Académie marseillaise, en cette langue provençale si colorée, qu'il parle si bien, nous a donné, dans son discours, un tableau pittoresque de cette scène ravissante de la bûche de Noël :
    " Au bon vieux temps, la veille de Noël, après le grand repas de la famille assemblée, quand la braise bénite de la bûche traditionnelle, la bûche d'olivier blanchissait sous les cendres et que l'aïeul vidait, à l'attablée, le dernier verre de vin cuit, tout à coup, de la rue déjà dans l'ombre et déserte, on entendit monter une voix angélique, chantant par là-bas, au loin dans la nuit. "

    Et le poète nous conte alors une légende charmante, celle de la Bonne Dame de Noël qui s'en va dans les rues, chantant les Noëls de Saboly à la gloire de Dieu, suivie par tout un cortège de pauvres gens, miséreux des champs et des villes, gueux de campagne, etc., accourus dans la cité en fête.

    " Et vite alors, tandis que la bûche s'éteignait peu à peu, lançant ses dernières étincelles, les braves gens rassemblés pour réveillonner ouvraient leurs fenêtres, et la noble chanteuse leur disait : " Braves gens, le bon Dieu est né, n'oubliez pas les pauvres ! " Tous descendaient alors avec des corbeilles de gâteaux, et de nougats - car on aime fort le nougat dans le Midi - et ils donnaient aux pauvres le reste du festin ".

    Comment résister au désir que nous avons depuis longtemps de publier la bûche de Noël de Frédéric Mistral qui a bien voulu correspondre avec nous et nous donner des renseignements si intéressants sur les coutumes de Noël.

    Cette description si gracieuse, si poétique, faisait primitivement partie du poème de Mireille : l'auteur a cru devoir la supprimer pour éviter les longueurs. (Il faut être bien puissant et bien sûr de soi pour négliger un tel tableau ou le reléguer dans les bas côtés de son œuvre. Lisons, relisons la traduction de ces beaux vers. Quelle naïveté ! Quelle beauté simple et pieuse ! Quelle rusticité pleine de saveur! De plus, quelle noblesse fière ! Oui, c'est ainsi que doit être sauvée Pâme d'un peuple et maintenue la haute tradition d'un pays. Chaque stance est soutenue par un souffle divin (X***)).

    " Ah ! Noël, Noël, où est ta douce paix ? Où sont les visages riants des petits enfants et des jeunes filles ? Où est la main calleuse et agitée du vieillard qui fait la croix sur le saint repas ?

    " Alors le valet qui laboure quitte le sillon de bonne heure, et servantes et bergers décampent, diligents. Le corps échappé au dur travail, ils vont à leur maisonnette de pisé, avec leurs parents, manger un cœur de céleri et poser gaiement la bûche au feu avec leurs parents.

    Du four, sur la table de peuplier, déjà le pain de Noël arrive, orné de petits houx, festonné d'enjolivures. Déjà s'allument trois chandelles neuves, claires, sacrées, et dans trois blanches écuelles germe le blé nouveau, prémice des moissons.

    Un noir et grand poirier sauvage chancelait de vieillesse. L'aîné de la maison vient, le coupe par le pied, à grands coups de cognée, l'ébranlé et, le chargeant sur l'épaule, près de la table de Noël, il vient aux pieds de son aïeul le déposer respectueusement.

    Le vénérable aïeul d'aucune manière ne veut renoncer à ses vieilles modes. 11 a retroussé le devant de son ample chapeau, et va, en se hâtant, chercher la bouteille. H a rois sa longue camisole de cadis blanc, et sa ceinture, et ses braies nuptiales, et ses .guêtres de peau.

    Cependant, toute la famille autour de lui joyeusement s'agite... - " Eh bien? Posons-nous la bûche, enfants ? - " Allégresse ! Oui ". Promptement, tous lui répondent : " Allégresse. " - Le vieillard s'écrie : " Allégresse ! Que notre Seigneur nous emplisse d'allégresse ! Et si une autre année nous ne sommes pas plus, mon Dieu, ne soyons pas moins ! "

    Et, remplissant le verre de clarette devant la troupe souriante, il en verse trois fois sur l'arbre fruitier. Le plus jeune prend l'arbre d'un côté, le vieillard de l'autre, et sœurs et frères, entre les deux, ils lui font faire ensuite trois fois le tour des lumières et le tour de la maison.

    Et dans sa joie, le bon aïeul élève en l'air le gobelet de verre : " 0 feu, dit-il, feu sacré, fais que nous ayons du beau temps ! "

    Bûche bénie, allume le feu ! Aussitôt, prenant le tronc dans leurs mains brunes, ils le jettent entier dans l'âtre vaste. Vous verriez alors gâteaux à l'huile et escargots dans l'aïoli heurter dans ce beau festin vin cuit, nougat d'amandes et fruits de la vigne.

    D'une vertu fatidique vous verriez luire les trois chandelles, vous verriez des esprits jaillir du feu touffu, du lumignon vous verriez pencher la branche vers celui qui manquera au banquet, vous verriez la nappe rester blanche sous un charbon ardent et les chats rester muets !


    La bûche de Noël en Normandie

    Voici en quels termes Marchangy (1782-1826) parle de cet usage en Normandie : Le père de famille, accompagné de ses fils et de ses serviteurs, va à l'endroit du logis où, l'année précédente, à la même époque, ils avaient mis en réserve les restes de la bûche de Noël. Ils rapportent solennellement ces tisons qui, dans leur temps, avaient jeté de si belles flammes à rencontre des faces réjouies des convives. L'aïeul les pose dans ce foyer qu'ils ont connu et tout le monde se met à genou en récitant le Pater. Deux forts valets de ferme apportent lentement la bûche nouvelle, qui prend date, comme dans une dynastie. On dit la bûche 1ere, la bûche 2e, la 20e, la 30e, ce qui signifie que le père de famille a déjà présidé une fois, deux fois, vingt fois, trente fois semblable cérémonie.

    La bûche nouvelle est toujours la plus grosse que le bûcheron puisse trouver dans la forêt, c'est la plus forte partie du tronc de l'arbre ou, le plus souvent, c'est la masse de ses énormes racines, qu'on appelle la souche ou la coque de Noël.
    A l'instant où l'on y met le feu, les petits enfants vont prier dans un coin de l'appartement, afin, leur dit-on, que la souche leur fasse des présents, et, tandis qu'ils prient, on met à chaque bout de cette souche des paquets d'épices, de dragées et de fruits confits. Qu'on juge de l'empressement et de la joie des enfants à venir recevoir de pareils présents !

    De nos jours, l'usage de la bûche de Noël tend à disparaître des pays normands.

    Longtemps, les pauvres gens des campagnes, en attendant l'heure de la messe de minuit, ont dû se réchauffer autour de l'énorme bûche éclairant de sa lumière flamboyante la compagnie réunie sous la hotte de la cheminée. C'est assis, devant son brasier, qu'on restait jusqu'au moment où, à travers champs, on allait gagner la pauvre église où devait se célébrer la Messe des bergers. C'est devant l'âtre rougeoyant qu'on se racontait toutes ces légendes merveilleuses de Noël, toutes ces traditions qui, contées par la voix tremblante des aïeules, se sont transmises jusqu'à nos jours : et les pierres tournantes, comme celles de Gerponville, de Saint-Arnoult, de Malle-mains, qui tournent sept fois pendant la nuit de Noël ; et les trésors qui ne se découvrent que lorsqu'on sonne le premier coup delà messe nocturne ; et les feux follets qui dansent pendant la nuit sur les tombes du cimetière et bien d'autres contes fantastiques
    (G. Dubosc. Journal de Rouen, 25 décembre 1898).


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  • Ordre de préséance des décorations françaises 

    Liste officielle, en date du 19 juin 2003, signée par le général Jean-Philippe DOUIN, Grand Chancelier de la Légion d’honneur :

    - LÉGION D’HONNEUR

    - CROIX DE LA LIBÉRATION

    - MÉDAILLE MILITAIRE

    - ORDRE NATIONAL DU MÉRITE

    - CROIX DE GUERRE 1914-1918

    - CROIX DE GUERRE 1939-1945

    - CROIX DE GUERRE DES THÉÂTRES D’OPÉRATIONS EXTÉRIEURES

    - CROIX DE LA VALEUR MILITAIRE

    - MÉDAILLE DE LA GENDARMERIE NATIONALE (depuis le décret n° 2004-733 du 26 juillet 2004)

    - MÉDAILLE DE LA RÉSISTANCE

    - PALMES ACADÉMIQUES

    - MÉRITE AGRICOLE

    - MÉRITE MARITIME

    - ARTS ET LETTRES

    - MÉDAILLE DES ÉVADÉS

    - CROIX DU COMBATTANT VOLONTAIRE 1914-1918

    - CROIX DU COMBATTANT VOLONTAIRE

    - CROIX DU COMBATTANT VOLONTAIRE DE LA RÉSISTANCE

    - CROIX DU COMBATTANT

    - MÉDAILLE DE LA RECONNAISSANCE FRANÇAISE

    - MÉDAILLE DE L’AÉRONAUTIQUE

    - MÉDAILLE D’OUTRE-MER (ex-Médaille Coloniale )

    - MÉDAILLE D’OR DE LA DÉFENSE NATIONALE POUR CITATION SANS CROIX (depuis le décret n° 2004-624 du 25 juin 2004)

    - MÉDAILLE DE LA DÉFENSE NATIONALE

    - MÉDAILLE DES SERVICES MILITAIRES VOLONTAIRES

    - MÉDAILLES D’HONNEUR RESSORTISSANT AUX DIFFÉRENTS DÉPARTEMENTS MINISTÉRIELS

    - MÉDAILLE D’AFRIQUE DU NORD & MÉDAILLE DE RECONNAISSANCE DE LA NATION

    - MÉDAILLES COMMÉMORATIVES DIVERSES ET ASSIMILÉES

    (NB : les décorations étrangères sont placées à la suite des décorations françaises)

    http://data0.eklablog.fr/perechristophe/mod_article839400_1.pdf


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  • BIBLIOGRAPHIES

    BIBLIOGRAPHIES

    Créé en 1381, l'Ordre de l'Hermine compte parmi les plus anciens des ordres militaires et honorifiques d'Europe.

     

    Le collier de l'Hermine - 71.1 ko

     

    En Angleterre, le roi Edouard III fondait en 1344 l'Ordre de la Table Ronde : cet ordre ne pouvant comprendre que 40 membres, le même Edouard dût, en 1349, créer l'Ordre de la Jarretière.

    Le roi de France Jean II fondait en 1351 l'Ordre de l'Etoile. La Toison d'Or fut instituée en par le Duc de Bourgogne en 1431 et l'Ordre du Croissant fondé par René d'Anjou en 1448.

    La fondation de l'Ordre de l'Hermine par Jean IV, Duc de Bretagne, affirme tout à la fois la prééminence ducale sur l'ensemble de la noblesse bretonne et une volonté d'unité autour du souverain breton.

    Le Duc Jean IV, fondateur de l'ordre de l'Hermine - 101.4 ko
    Le Duc Jean IV, fondateur de l'ordre de l'Hermine

    L'Ordre présente aussi la particularité remarquable d'être ouvert aux femmes et aux roturiers.

    Les chevaleresses de l'Hermine ne paraissent toutefois pas avoir été nombreuses : neuf seulement sont connues. La première d'entre elles est Jeanne de Navarre, Vicomtesse de Navarre. En 1445, c'est Jeanne d'Albret, Comtesse de Richemont, qui est distinguée et, en 1447, Isabeau d'Ecosse, Duchesse de Bretagne.

    Le collier de l'Hermine se composait de deux chaînes d'or, formées elles-mêmes d'agrafes ornées d'hermines.

    Ces deux chaînes étaient attachées à leurs extrémités par une double couronne ducale où deux hermines émaillées étaient suspendues. Une banderole entourait les chaînes et portait la devise A ma vie. Le Duc de Bretagne François 1er ajoutera plus tard à cet ordre un collier d'argent composé d'épis de blé et terminé par une chaîne : l'Ordre de l'Epi.

    Le dernier collier de l'Hermine qu'on pouvait voir représenté était sculpté en albâtre sur le tombeau de Jean IV, dans la cathédrale de Nantes : il fût malheureusement détruit durant la révolution française en 1793.

    Quant aux véritables colliers, ils étaient remis, après la mort de leurs possesseurs, aux doyens et Chapelains de Saint-Michel-des-Champs, siège de l'Ordre, près d'Auray, pour être convertis en calices ou ornements et employés pour les bonnes œuvres de la chapelle.

    La bataille d'Auray - 117.1 ko
    La bataille d'Auray

    La Renaissance de l'Ordre de l'Hermine

    Lorsque le Sénateur Georges Lombard succéda e 1972 au Président René Pléven à la tête du C.E.L.I.B. (que ce dernier présidait depuis 1951), il eut, pour lui exprimer la reconnaissance de la Bretagne toute entière, l'idée de remettre à l'honneur la distinction créée par le Duc Jean IV. Il ne s'agissait évidemment pas au sens strict, de reconstituer un ancien "ordre", mais plutôt de relever un symbole et de perpétuer une tradition.

    Le collier de l'Hermine fut ainsi remis au Président Pléven à l'issue de l'assemblée générale du C.E.L.I.B au Palais des congrès de Pontivy, le 29 septembre 1972, jour de la Saint-Michel, en présence de plusieurs centaines de responsables politiques, économiques, culturels et sociaux de toute la Bretagne.

    Quelques mois plus tard, le collier de l'Hermine devait être également remis à Jean Mévellec, Président de la Chambre Régionale d'Agriculture, qui avait joué un rôle capital dans la mutation de l'agriculture bretonne et également dans la fameuse "bataille du rail" de 1962-1963.

    En 1973 enfin, la distinction fut remise à Rome au professeur Gabriel Pescatore, Président de la Cassa per il Mezzogiorno, qui, avec les responsables du C.E.L.I.B., fut un des fondateurs de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes Européennes.

    En 1988, à la demande du C.E.L.I.B. et après une interruption de 15 ans, l'Institut Culturel de Bretagne, au Parlement de Bretagne à Rennes, reprenait la mission honorifique et décernait le collier de l'Hermine à quatre personnalités : Vefa de Bellaing, Pierre-Roland Giot, Polig Monjarret et Henri Queffélec.

    Le Collier de l'Hermine distingue des personnes ayant beaucoup oeuvré pour la Bretagne, son identité et sa culture et il est donc naturel que l'Institut Culturel de Bretagne ait été choisi pour perpétuer cette tradition.

    A ce jour (époque contemporaine), 64 personnes ont déjà reçu cette haute distinction bretonne.

    Article récupéré depuis le site de l'Institut Culturel de Bretagne le 01/12/2009.




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