• REGARD DU BOEUF

    REGARD DU BOEUF              Nous sommes dans l’Avent, dans quelques jours nous fêteront la belle solennité de Noël. Une fois encore je n’ai pas fait de crèche. Mais je suis allé voir celle de la cathédrale de Toulon. Au pays des santons, je ne peux déroger à la tradition. Ce soir, dans ma petite chambre, allongé sur mon lit, je me remémore l’évènement qui viendra, la naissance de Jésus, en visualisant mentalement tous les personnages.

    Est-ce l’éloignement des bocages d’ouest ? La présence du bœuf s’impose à moi. Comme il serait heureux dans nos bocages verdoyants où l’odeur de l’herbe et de la terre humide exhale un parfum que ni les pins, ni la lavande ne me font oublier.

     

                Mais il est là, dans la crèche où viendra, dans la nuit, à l’heure où on ne l’attend pas, le Messie, celui que le monde attend.

     

    Il est là à côté de l’âne, cette bête de somme qui sait voir l’invisible (cf. message 2005). Je le regarde … ou, peut-être ?, c’est lui qui me regarde de ses grands yeux encadrés de longs et impressionnants sourcils. Il regarde comme s’il observait le monde, à moins qu’il ne regarde comme le monde devrait le faire.

     

    On se raille trop souvent des bovins qui regardent passer les trains et tout ce qui bouge en général ; mais ils regardent, eux, alors que notre Seigneur regrette que nous nous bouchions les yeux (Mat 13,15). Notre drame n’est-il pas, selon le prologue de Jean, que nous ayons vu le verbe sans le reconnaitre (Jn1,10) ? Nous regardons sans profondeur.

     

                Dans la crèche le bœuf regarde comme on devrait le faire entre nous-autres, frères en humanité, il regarde avec amour. L’Evangile de Luc développe en particulier la tendresse de Dieu. Ce n’est sûrement pas un hasard si, dans le tétra-morphe, l’évangéliste St Luc, médecin,  est représenté par un taureau. En effet le bœuf de la crèche regarde avec application à la manière du médecin qui instruit son diagnostic.

     

    Il regarde et il est un témoin de la venue du Sauveur qui vient avec tendresse et discrétion.

     

    Cette tendresse avec laquelle le bœuf regarde les événements à la foi merveilleux et pourtant très simples en humanité. Car notre Dieu ne vient pas sous les feux de la rampe, il ne fait pas de show-biz, ni de buzz ; son annonce ne se fait pas sur le web ou sur les réseaux satellitaires et télévisés.

     

    Le Salut, vient dans notre humanité, un jour de l’histoire. Il vient avec simplicité, lui qui est Dieu, pour rendre parfait la création.

     

    Car notre monde est parfait lorsqu’il est ordonné à son Créateur mais notre orgueil et notre égoïsme nous éloignent de Lui et font régner les ténèbres.

     

    Se faisant un d’entre nous, Jésus vient apporter la lumière qui est la vie (Prologue de Jean). Or la vie est la communion avec Lui, le Verbe éternel. Qui regarde Jésus, comme on le fait d’une page internet ne pourra pas voir. Il faudrait que nos yeux adoptent le langage de Dieu : la tendresse, l’infini Amour « qui va jusqu’à donner sa vie pour ceux qu’il aime » (Mat.20,28 ; Mc10,45 ; Lc22,27).

     

                Accepterons-nous cette Lumière qui resplendit dans nos ténèbres ou ne la reconnaitrons-nous pas laissant encore possible des massacres d’innocents ?

     

               Noël, bientôt, puisse cette fête n’être pas futilement réduite aux joies familiales où les enfants seront choyés ir-raisonnablement. Puisse Noël garder en nos cœurs son sens lumineux  et profond afin que nos fêtes et agapes soient profondément justifiées. Puisse nos cœurs ne pas rester sourds à l’annonce des anges : «Aujourd’hui, à Bethleem, un Sauveur vous est né !».

     

     Le 17/12/2011 P. Boudéreaux Christophe


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